Mon amie – Mi amiga
Aujourd’hui, j’aurais
dû te téléphoner pour te souhaiter un bon anniversaire, Marikena, mon amie.
Or, je n’en ai
rien fait car, le 17 février dernier, j’ai appris que tu avais quitté ce monde.
Cela faisait, d’ailleurs,
un certain temps que je ne savais rien de toi.
Notre seul moyen
de communication était le téléphone et, un beau jour, le tien a cessé de
répondre. Je n’ai plus eu de te nouvelles jusqu’à celle de ta mort.
Or, le temps qu’il
me reste à vivre, tu seras là, vivante dans le pays des souvenirs, comme tous
mes chers disparus. En outre, j’aurai la chance de pouvoir écouter ta voix qui est,
selon ce que l’on dit la première chose que l’on
oublie, car elle se trouve enfermée pour toujours dans tes disques.
C’est ainsi que je t’ai
connue, comme chanteuse, dans les années 60, au théâtre de l’Alliance Française
de Buenos Aires, où tu te présentais avec Elena Mignaquy. Et plus tard, à l’Instituto
Di Tella où tu te produisais avec Jorge de la Vega et Jorge Shusheim, dans
Canciones en Informalidad.
Or, un beau jour, au
milieu des années 70, un ami me proposa de l’accompagner chez une amie. Toi.
Nous nous sommes mis à
discuter et celui qui nous avait présentés est presque disparu. Un vrai coup de
foudre amical.
Dès lors, et jusqu’à mon
départ en 1982, nous nous voyions très souvent, surtout quand j’habitais à
quelques rues de chez toi.
Nous avons partagé nos
amours et nos peines d’amour.
J’ai assisté à tous tes
spectacles et je me souviens particulièrement d’un récital dans l’immense hall
du théâtre San Martín. Les jeunes, qui, jusque-là, ne te connaissaient pas,
étaient fascinés par ta force et ton talent.
Et puis, Marikena canta
Brel, les poèm,es d’Alfonsina Storni mis en musique par Luis María Serra, les
récitals dans la librairie La Nena où se pointait la police. Nous étions en
pleine dictature et tes chansons ne devaient pas trop plaire aux militaires.
Et finalement, tes récitals
à Bar Latino, dont celui dédié à Chico Buarque. Ta version de « Construction »
reste gravée dans ma mémoire.
C’est là, à Bar Latino,
que tu m’as chanté « Cuando un amigo se va » en guise d’au revoir
quand j’ai décidé de partir à Santa Clara.
Peu après mon
déménagement, tu es venue chanter à Mar del Plata, et tu m’as redu visite dans
la colonie de vacances que dirigeait mon beau-frère et où j’habitais. Tu as
chanté « El señor Juan Sebastián » de María Elena Walsh à ma filleule
qui avait un peu plus de deux ans.
Ensuite, chaque fois que
j’écoutais la cassette où j’avais enregistré l’un de tes récitals, chaque fois
qu’apparaissait cette chanson, le chien de ma sœur, Bongo, se mettait à
pleurer. C’est évident que ta voix l’émouvait.
Puis, chaque fois que je
voyageais à Buenos Aires, j’allais te voir, et, si c’était le cas, t’écouter
chanter.
En 1992, je crois, tu
nous a rendu visite, à Liliana, moi et notre petite Julia et là tu lui as
chanté « Pirouette, cacahouète ».
Et puis, j’ai encore
déménagé, cette fois à Olavarría. Nous allions souvent à Buenos Aires avec
Mauricio et nous allions te voir. Je me souviens d’un récital au Maipo où tu ne
chantais que des chansons de Jorge Shusheim.
La dernière fois que nous
nous sommes vus, c’était en 2017, il y a exactement 9 ans, car c’était aussi
ton anniversaire et, avec Julia, nous étions en chemin vers Mendoza. Je me
souviens que tu as fait cadeau à Julia d’une très belle veste qui venait du
Vietnam.
Je n’ai plus bougé,
ensuite, de Santa Clara, et nous communiquions, de temps à autre, par téléphone,
jusqu’au jour où le silence s’est installé.
Ton sourire, ton amitié
seront toujours en moi mais depuis le 17 février, il y a un énorme trou dans
mon cœur.
Hoy tendría que haberte llamado por teléfono para desearte feliz
cumpleaños, Marikena, mi amiga.
No lo hice, empero, ya que el 17 de febrero último, me enteré de
que habías abandonado este mundo.
Hacía un cierto tiempo, por otra parte, que nada sabía de vos.
Nuestro único medio de comunicación era el teléfono y, un buen
día, el tuyo dejó de contestar. No tuve más
noticias tuyas hasta la de tu muerte.
Sin embargo, en el tiempo que me quede por vivir, estará allí,
viva en el país de los recuerdos, como mis queridos desaparecidos. Tendré
además la suerte de poder escuchar tu voz que es, según lo que dicen, lo
primero que se olvida, ya que se encuentra encerrada para siempre en tus
discos.
Así te conocí, como cantante, en los años 60, en el teatro de la
Alianza Francesa, donde te presentabas con Elena Mignaquy. Y más tarde, en el Instituto
Di Tella donde te producías con Jorge de la Vega y Jorge Shusheim, en Canciones
en Informalidad.
Pero, un buen día, en la mitad de los años 70, un amigo me propuso
acompañarlo a lo de una amiga. Vos.
Nos pusimos a charlar y
el que nos había presentado casi desapareció. Un flechazo de amigos.
Desde entonces, y hasta
mi partida en 1982, nous veíamos muy a menudo, sobretodo cuando vivía a pocas
cuadras de tu casa.
Compartimos nuestros amores y nuestras penas de amor.
Asistí a todos tus espectáculos y recuerdo particularmente un
recital en el inmenso hall de entrada del teatro San Martín. Los jóvenes, que,
hasta entonces, no te conocías, estaban fascinados por tui fuerza y tu talento.
Y luego, Marikena canta Brel, los poemas de Alfonsina Storni
puestos en música por Luis María Serra, los recitales en la librería La Nena a
los que caía la policía. Estábamos en plena dictadura y tus canciones no debían
gustarles demasiado a los militares.
Y, finalmente, tus recitales en Bar Latino, entre los cuales aquél
dedicado a Chico Buarque. Tu versión de “Construcción” queda grabada en mi memoria.
Allí mismo, en Bar Latino, me cantaste “Cuando un amigo se va”
como despedida cuando decidí partir a Santa Clara.
Poco después de mi mudanza, viniste a cantar a Mar del Plata, y me
visitaste en la colonia de vacaciones que dirigía mi cuñado y donde yo vivía.
Le cantaste “El señor Juan Sebastián” de María Elena Walsh a mi ahijada que
tenía poco más de dos años.
Luego, cada vez que yo escuchaba la cassette donde había grabado
uno de tus recitales, cada vez que aparecía esa canción, el perro de mi
hermana, Bongo, se ponía a llorar. Es evidente que tu voz lo conmovía.
Cada vez que viajaba a Buenos Aires, iba a verte, y si se daba el
caso, a escucharte cantar.
En 1992, creo, nos visitaste a Liliana, a mí y a nuestra pequeña
Julia y le cantaste “Pirouette, cacahouète”.
Después, volví a mudarme, esta vez a Olavarría. Íbamos a menudo a
Buenos Aires con Mauricio y te íbamos a ver. Recuerdo un recital en el Maipo
donde sólo cantabas temas de Jorge Shusheim.
La última vez que nos vimos fue en 2017, hace exactamente 9 años
ya que también era tu cumpleaños y, con Julia, estábamos en ruta hacia Mendoza.
Recuerdo que le regalaste un saco muy bello que venía de Vietnam.
Desde entonces no me he movido de Santa Clara y nos comunicábamos,
de vez en cuando, por teléfono, hasta el día en que se instaló el silencio.
Tu sonrisa, tu amistad estarán siempre en mí pero, desde el 17 de
febrero, hay un enorme agujero en mi corazón.


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