Articles

Affichage des articles associés au libellé Mohamed Mbougar Sarr

Attention, chef-d’œuvre ! - ¡Atención, obra maestra!

Image
La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr , Philippe Rey/Jimsaan, Paris, 2021 “ La vie n'est rien d'autre que le trait d'union du mot peut-être’’ Cela faisait bien longtemps qu’un roman ne m’avait pas happé, transporté comme La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr , de qui je connaissais déjà l’excellent De purs hommes . Il s’agit ici d’un roman placé sous le signe de Bolaño et de Borges, mais, surtout, de Yambo Ouologuem , l’auteur mythique du Devoir de violence . Un roman que je peux qualifier, et je pèse mes mots, de vrai chef-d’œuvre, l’un de ces textes que l’on rencontre très de temps en temps et qui vous habitent longtemps après en avoir fini la lecture. S’agit-il d’un roman africain ? Assurément. Or, la contrée dans laquelle il se déroule vraiment est celle de l’ homo scriptor , la littérature et ses multiples visages. «  Rien de beau ne s’écrit sans mélancolie. On peut la jouer, la travestir, la prolonger en tragédie absol...

FICHES DE LECTURE – FICHAS DE LECTURA Littérature africaine : briser les tabous – Literatura africana : romper los tabúes

Image
  De purs hommes, Mohamed Mnougar Sarr , Philippe Rey, 2018 Les Impatientes, Djaily Amadou Amal , Emmanuelle Collas, 2020 Deux romanciers, et ce ne sont pas les seuls, osent briser des tabous ancrés solidement dans la culture africaine. Mohamed Mbougar Sarr est sénégalais, avec son troisième roman, De purs hommes , il s’attaque à l’un des interdits les plus tenaces des pays africains, l’homosexualité. Djaïli Amadou Amal , autrice camerounaise, nous fait partager, dans Les Impatientes , le destin des jeunes femmes de son pays mariées de force. «  Mais je ne le pouvais pas. Je ne le peux pas, papa. Même si j’avais l’impression que ce n’était pas de ma vie qu’il était question, les actes qu’on rapportait étaient les miens. Il fallait que je les assume. Factuellement, la rumeur avait raison : je m’étais plusieurs fois recueilli sur la tombe d’Amadou après ma première rencontre avec sa mère, j’avais passé une soirée avec le góor-jigéen le plus réputé du pays et j’avais ...