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Affichage des articles associés au libellé le devoir de violence

L’esclavage en toutes lettres (4) – La esclavitud con todas las letras (4)

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« Comme tous les enfants de l’esclavage, les “criollitos” (petits créoles) comme on les appelait, je suis né dans une infirmerie, où on amenait les Noires grosses pour qu’elles accouchent. À mon avis, il s’agissait de la plantation Santa Teresa, même si je ne suis pas bien sûr. Ce dont je me souviens c’est que mes parrains me parlaient beaucoup de cette plantation et de ses propriétaires, des messieurs nommés La Ronda. Mes parrains ont porté ce nom pendant longtemps, jusqu’à ce que l’esclavage est parti de Cuba. Les Noirs se vendaient comme des “cochinaticos” (porcelets) et moi, j’ai été vendu très vite, voilà pourquoi je ne me souviens rien de cet endroit. » Celui qui s’exprime ainsi se nomme Esteban Montejo, il s’agit d’un Noir marron, figure centrale du roman-témoignage Biografía de un cimarrón (Biographie d’un marron) (1966) de l’écrivain et ethnologue cubain Manuel Barnet . À 22 ans, Barnet rencontre Montejo, 103 ans, ancien esclave et ancien marron. Après trois ans ...

Yambo Ouologuem, le fondateur . Yambo Ouologuem, el fundador

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  La plus secrète mémoire des hommes , le splendide roman de Mohamed Mbougar Sarr , prix Goncourt 2021, remet sur l’échiquier le nom de l’écrivain malien Yambo Ouologuem et celui de son roman Le devoir de violence , prix Renaudot 1968. Je publiai, il y a une dizaine d’années, cet article sur Ouologuem et son roman que je considère l’un des textes fondateurs de la littérature africaine au même titre que Les soleils des indépendances d’ Ahmadou Kourouma . J’ajouterai que, lorsque la France se décide enfin à restituer une minuscule partie des chefs-d’œuvre volés impunément aux pays africains, le paragraphe sur Shrobénius est particulièrement éclairant. Par rapport au roman de Yambo Ouologuem , voyons ce que nous en dit Alain Mabanckou ( Le sanglot de l’homme noir, Fayard, 2012) « Je n’ignore pas ce qui attend un Africain qui accepte sa part de responsabilité dans la traite négrière.   Lorsque le lumineux Yambo Ouologuem publia Le devoir de violence en 1968, le coupe...